Préparation physique

L’électrostimulation

L’électrostimulation est de plus en plus répandue chez les sportifs et en kinésithérapie, mais quels sont vraiment les bénéfices et les limites de cet outil ?

L'électrostimulation

Qu’est-ce que l’électrostimulation ?

Toutes contractions musculaires volontaires partent d’un influx nerveux envoyé par le cerveau, vers le muscle cible. Le principe de l’électrostimulation est de stimuler les fibres nerveuses entourant les muscles par des impulsions électriques appliquées à la surface de la peau au moyen d’électrodes.

Contraction volontaire :

  • L’influx nerveux est asynchrone.
  • Les petites unités motrices sont stimulées avant les grandes, les lentes avant les rapides.
  • Turn-over des fibres utilisées, principe d’économie énergétique des fibres.

Contraction par électrostimulation :

  • L’influx nerveux est synchrone.
  • Les fibres rapides peuvent être directement stimulées.
  • Pas de turn-over des fibres, ce qui entraîne une grande fatigue de celles proches des électrodes.

Avantages

Dans le cadre médical :

L’électrostimulation s’avère un outil intéressant de maintien du tonus musculaire lors d’immobilisation prolongée comme les séniors en orthopédie, la rééducation en post-opératoire et les paraplégiques.

Dans le cadre sportif :

  • Lors d’une contraction musculaire, le cerveau envoie un influx nerveux ne dépassant pas 65 Hertz. L’utilisation de l’électrostimulation permet de monter jusqu’à 150 Hertz, amenant un potentiel gain de force et d’explosivité, de par une innervation musculaire accrue.
  • Amène un travail plus intense, quand la motivation du sportif n’est pas optimale.
  • Aide à la récupération avec des fonctions de massage.

Limites

L’électrostimulation ne permet pas un réel gain musculaire ni une perte de poids !

La croissance musculaire n’est faisable que par des facteurs de croissance, majoritairement influencés hormonalement, ou par des facteurs de dégradation musculaire, ayant lieu lors de mouvements, soit un enchaînement de rapprochement et d’éloignement articulaire provoqué par contraction (la tension d’étirement). Hors, l’électrostimulation n’impacte qu’un seul paramètre, le système nerveux, sous forme de contraction isométrique (statique). Elle génère donc une fatigue métabolique, pouvant induire des courbatures, mais pas de réel stress mécanique, amenant une dégradation suffisante pour un développement de la masse musculaire.

La perte de poids, pour un individu sans pathologie sous-jacente, ne dépends que de la balance énergétique, soit la différence entre l’apport énergétique via l’alimentation et la dépense énergétique du métabolisme basal (consommation du corps au repos), l’énergie de croissance, l’énergie digestive, les facteurs d’hypercatabolisme (maladie passagère, etc…) et l’activité physique. La perte de poids correspond donc simplement à un bilan énergétique négatif, qui dure. Il faut donc augmenter sa dépense énergétique via l’activité physique de type aérobie et augmenter son métabolisme basal, soit en partie la masse musculaire, par l’intermédiaire de renforcement musculaire. L’électrostimulation ne fait ni l’un ni l’autre !

Quand l’utiliser ?

  • A l’échauffement : L’électrostimulation va permettre, pour des individus expérimentés, d’augmenter l’influx nerveux avant la séance, c’est la « potentiation ».
  • Pendant l’entraînement : Effectuée en simultané sur les muscles travaillés durant l’entraînement. Utilisée en tant qu’outil d’intensification de la charge par une contrainte extérieure supplémentaire.
  • En récupération : Sur les options de massage pour un effet antalgique et myorelaxant.

Les recommandations sont de 1 à 3 utilisation(s) hebdomadaire maximum, et les gains réels commencent à être ressenti au bout de 4 à 6 semaines d’affilée.

Contre-indications

Bien qu’il y ait très peu d’effets secondaires constatés, cette méthode n’est pas sans risques pour certains individus :

  • Enfants et adolescents en pleine croissance.
  • Femmes enceintes.
  • Les personnes épileptiques.
  • Pour les personnes ayant des problèmes cardiaques, il faudra éviter la zone proche du cœur, et l’interdire à tous les possesseurs de pacemakers.

Pour toutes autres pathologies pouvant amener des doutes, prendre l’avis d’un médecin.

Appareils conseillés

Voici des électrostimulateurs qualitatifs, classés par ordre croissant, selon votre budget :

Les électrodes peuvent s’acheter séparément, à un prix raisonnable, et ont une durée de vie de 30 utilisations environ, selon l’intensité de vos séances.

Quelques conseils d’utilisation :

  • Rasez la zone des électrodes, afin d’éviter les brûlures de surface.
  • Vous pouvez passer les électrodes sous une eau froide légèrement savonnée après utilisation, par mesure d’hygiène et pour leur permettre de perdurer un peu plus longtemps.
  • Ne travaillez jamais à haute intensité proche du cœur, comme par exemple les pectoraux.
  • Pour une utilisation optimale (en dehors des programmes de massage), il faut une intensité supérieure à 65 Hertz. Attention aux publicités qui vous donnent l’illusion de pouvoir faire autre chose en parallèle, la gêne est trop importante pour cela.

Article écrit par Kévin Dumont de Health & Performance

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